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19.03.2008

Slam sans titre

J’ai connu les soirs crasses, les soirs bien dégueulasses

Les soirs couleur pétasse, qu’tu noies dans la vinasse

Les soirs où tu t’en vas, où tu marches au hasard

Oh pas très loin tu vois, jusqu’au prochain bar

Au milieu des poivrots et des filles du trottoir
Les clodos du pernod, les champions du ricard
Tu te sens moins seul, t’as moins le cafard
Jusqu’à ce que tu dégueules tout ce qu’à t’as bien pu boire

Les autres te regardent en biais, t’es pire qu’eux, faut croire…
Fallait pas les doubler, on veut plus de toi ce soir
Tu te donnes envie de gerber, mais même ça c’est trop tard
Alors tu te mets à gueuler, jusqu’à ce qu’on te vire du bar

T’as pas envie de rentrer, tu sais même plus où c’est
Tu marches comme un clandé, qui va bientôt se noyer
La cote tu la verras jamais, faut pas rêver
Le radeau te sauvera pas, il a déjà coulé

J’ai connu les soirs crasses, les soirs bien dégueulasses
Les soirs couleur pétasse, qu’tu noies dans la vinasse
Quand paumé dans la rue, tu sais même plus ce qui te brise
Que t’as encore trop bu, et que tu vas pisser sur l’église

Ton seul acte de foi, et ta vengeance à toi
C’est lui qui t’a mis là, ce Dieu qui t’oublie pas
C’est pour ça qu’tous les soirs, tu viens lui rendre visite
Tu descends ton callebard et tu lui montres ta bite

Ceci est mon sang, prends en jusqu’à plus soif
C’est cadeau vraiment, du bon gros rouge qui tache
Fallait pas me laisser là, j’sais plus à qui parler
Dans le quartier y a plus que toi qui veut bien m’écouter

J’ai connu les soirs crasses, les soirs bien dégueulasses
Les soirs couleur pétasse, qu’tu noies dans la vinasse
C’est une de ces nuits grises, j’ai vu un tas de chiffons
Qui trainait devant l’église, dessus y avait un prénom

Et un marmot en dedans, qui dormait comme un prince
L’alcolo et l’enfant ! Il a fallu que je me pince !
Qu’est-ce tu fous dans ma vie ? J’suis pas un gars pour toi.
Mais le gamin m’a souri, et j’l’ai pris dans mes bras

Ce soir là j’ai pas pissé sur le fronton de l’église
Pour un peu, j’avais même envie de lui faire la bise
A ce connard de Dieu, qui quarante ans plus tôt
m’avait laissé là, piteux, comme ce soir le marmot

Alors vous comprenez que j’pouvais pas le laisser
Ni même le donner, lui et moi on est liés
Tous les deux des clandés, en quête de bouées
Deux poteaux, pour ramer, et apprendre à nager

J’suis allé voir Marion, la pute du quatrième
Oh c’est pas son vrai nom, juste un nom de scène
Vingt piges qu’on baise ensemble, autant dire qu’on s’aime
Je lui ai dit « viens un moment, ya du bon vent qui s’amène »

Le môme me l’avait dit, il voulait une maman
Et quoi de mieux qu’une putain pour comprendre un enfant ?
Vingt piges qu’elle me ramasse quand j’suis dans le caniveau
Qu’elle me planque ma vinasse, et me fait faire mon rôt

J’ai connu les soirs crasses, les soirs bien dégueulasses
Les soirs couleur pétasse, qu’tu noies dans la vinasse
Mais tout ça c’est fini, ya Marion et le marmot
Ah j’vous l’avais pas dit, on va se marier bientôt !

Commentaires

Mon Dieu, Axel, je ne te savais pas mystique à ce point !

Ecrit par : Marion | 10.04.2008

Attention Marion, on va croire que tu es le personnage du slam ! En tout cas, bienvenue à toi. Je ne me pensais pas mystique, mais je vais méditer là-dessus !

Ecrit par : Axl | 10.04.2008

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