17.05.2012
Il est enfin sorti !
Après quelques péripéties qui ont valu un retard certain, mon recueil de nouvelles "Instants volés" est enfin iimprimé !
Pardon à celles et ceux qui l'avaient commandé et ne l'avaient pas reçu, cela ne devrait pas tarder. Si vous souhaitez vous le procurer maintenant, il est possible de le commander directement sur le site de mon éditeur à l'adresse suivante : http://www.edkiro.fr/instants-voles.html
Je ne sais pas encore dans quelles librairies il sera disponible, mais on devrait aussi pouvoir le commander via les sites de la Fnac, Electre, Chapitre, Decitre, etc.
Des séances de dédicace sont également prévues. Je vous tiens au courant.
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05.12.2011
"Instants volés" disponible !
Mon recueil de nouvelles "Instants volés" est enfin réédité. Publié une première fois il y a deux ans, le voilà qui ressort chez les éditions Kirographaires.
Il ne s'agit pourtant pas d'une simple réédition mais d'une sorte de version 2.0 ! En effet, j'ai modifié certains textes que je pensais pouvoir être améliorés, et trois textes inédits font également leur apparition. Pour employer une métaphore de l'industrie musicale, il s'agit donc d'une version remastérisée avec bonus tracks !
En attendant que l'ouvrage soit disponible en librairies, il est déjà possible de le commander sur le site de l'éditeur. A noter que les exemplaires de ce premier tirage seront dédicacés.
Pour davantage d'informations et/ou commander ce livre : http://www.edkiro.fr/instants-voles.html
15:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : instants volés, nouvelles, littérature, axel bader
22.09.2011
A contretemps
Les ballerines de l’opéra de Cologne avaient gobé notre histoire. J’étais mince, musclé, propre sur moi, je pouvais tout à fait passer pour un danseur étoile. C’est Géraldine qui avait eu l’idée, juste une blague pour les copines. La vérité c’est que je dois faire gaffe à pas écraser les arpions de ma partenaire même sur un con de slow. Alors quand Sonia m’a invité pour un pas de tango, j’aurais dû prétexter que je gardais le sac d’une copine…
Mais non, il a fallu que je me laisse entraîner. Autour de nous, ça dansait plus ou moins bien mais ça dansait. Le principe du tango est pas compliqué, le mec dirige et la fille s’adapte. Moi je me suis laissé porter. C’était doux. Ouais, comme un matin d’hiver sous la couette. Je me suis pas rendu compte que Sonia regrettait déjà d’avoir posé les pieds sur la piste. J’oubliais que j’avais le buste trop raide et les guiboles trop molles. Je regardais ses cheveux dorés et sa bouche en sucre. La danse, je m’en foutais pas mal. J’avais juste envie de la sentir contre moi. Elle me donnait chaud la môme. De plus en plus.
Sonia dansait plutôt bien. Enfin je crois, j’y connais rien. J’aimais bien la regarder tourner. Enfin oui et non. Ce que j’aimais, c’était mater ses jambes perchées sur des talons hauts et couronnées d’une petite jupe à pois. Putain ses jambes… Fuselées comme des aiguilles, martelant la piste avec l’exactitude d’une montre suisse. J’en prenais plein les mirettes. Ce que j’aimais pas, c’est le type qui s’agitait avec. Mais je ravalais ma jalousie. Le tango ça se danse à deux, c’est comme ça. Fallait bien qu’elle ait un partenaire pour que je puisse la contempler. Et puis, de toute façon, elle reviendrait s’asseoir avec moi dès que le bandonéon fermerait sa gueule. Le gominé avait Sonia pour une danse, moi je l’avais le reste du temps.
Evidemment, ça me faisait chier de danser comme un pied de clown dans une grolle trop grande. J’avais peur qu’elle me prenne pour un nul, qu’un jour elle se casse pour le roi du bal. Je me disais que je devais prendre les rênes, la conduire quoi. Mais, bordel, je vous jure que c’est pas simple quand vous nagez dans vos fringues. J’avais peur de m’emmêler les compas, de nous perdre au milieu de l’océan. C’est beau la mer mais on s’y noie. Alors je la laissais guider nos pas. J’aurais pas dû je crois.
A la fin du morceau, Sonia m’a dit merci et s’est tirée. Fallait qu’elle se refasse une beauté qu’elle a dit. Moi je trouvais qu’elle était déjà trop belle alors j’ai pas compris. J’ai attendu un moment, le cul sur ma chaise en plastique, mais elle est pas revenue.
J’ai repensé à Géraldine et à son topo sur ma carrière de danseur classique. Elle savait bien que je dansais comme un pantin mais elle s’en foutait, ça la faisait même marrer. L’important c’était qu’on vibrait sur la même mélodie. J’aurais voulu que Sonia pense pareil. Et puis, même si je suis pas doué, j’aurais pu apprendre un peu, juste de quoi éviter de lui casser les pieds. Merde, c’est pas en une danse qu’on juge le cavalier. Une danse c’est une balade qu’on fait à deux. Parfois, on se goure de chemin mais c’est pas grave si le paysage est sympa. Apparemment Sonia était pas de cet avis.
Le bal a éteint ses lampions et Sonia était toujours pas revenue. Alors je suis rentré chez moi avec la tête en accordéon. Ca balançait sévère, comme une bonne gueule de bois, avec la tronche trop lourde qui dodeline dans tous les sens. Fallait que je me fasse une raison, le tango c’était pas pour moi. Le problème, c’est que j’avais quand même envie de danser. Alors j’ai écumé les bals du coin. Un coup de salsa, un coup de valse, et vas-y que je te fais valdinguer les cavalières. Elles avaient beau frétiller entre mes bras, je pensais toujours aux gambettes de Sonia et à ses petites jupes à pois. Ca m’a fait chier. Alors, tout seul chez moi, je mettais de la musique qui se danse pas. Des trucs bien planants, histoire de penser à autre chose. Souvent, j’allumais une clope et je m’effondrais sur le canapé. Au dessus de ma caboche, la fumée de cigarette faisait des ronds dans l’air. C’était comme une chorégraphie et ça me donnait envie d’inviter Sonia à danser. Mais je savais bien que, cette fois, c’est elle qui garderait le sac d’une copine.
12:13 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, tango


